Pierre Barbaud, Musique algorithmique
Pierre Barbaud

Pierre Barbaud

Barbaud, Pierre, né le 10 octobre 1911 à Saint-Eugène, dans la banlieue d'Alger. Mort le 10 septembre 1990 à Nice. Après avoir été l'élève d’un lycée parisien. Barbaud entreprend des études littéraires classiques en Sorbonne. A la même époque, il acquiert ses premières connaissances musicales. Quelques cours suivis au Conservatoire russe de Paris, un travail pour l'essentiel d'autodidacte, puis un emploi de bibliothécaire au département de la musique de la Bibliothèque Nationale, de 1943 à 1947, lui assurent une formation avant tout théorique et musicologique. Professeur de musique à l'Ecole Nationale des Sports de 1947 à 1960, il fut aussi traducteur (du danois, de l'allemand. de l'italien), chroniqueur de disques dans un hebdomadaire parisien, et fit paraître un ouvrage consacré à Haydn. Ses premières compositions datent du début des années 1940. Ce sont tout d'abord des pièces de structure traditionnelle - une Symphonie (1946), une Sinfonietta (1948), des Concertinos (1944, 1947), des Quatuors à cordes (1941, 1949), diverses pièces pour piano… - puis de nombreuses musiques de films de court métrage. Une réflexion menée sur les rapports entre musique et mathématique le conduit en 1958 à l'invention de la musique algorithmique et à la création du Groupe de Musique Algorithmique de Paris (P. Barbaud, R. Blanchard, J. Charbonnier). Avec le soutien de la société Bull, il développe son système de composition automatique grâce aux possibilités de calcul offertes par l'informatique. Le 30 juin 1960, il présente en concert 7!, la première œuvre française composée par ordinateur. En 1973, associant à ses travaux de compositeur les informaticiens F. Brown et G. Klein, Barbaud constitue le groupe BBK (Barbaud, Brown, Klein). Enfin, à dater de 1976, il poursuivra ses recherches comme Chef de Projet à l'INRIA (lnstitut de Recherche en Informatique et Automatique).

Dès ses premières œuvres, Barbaud montre une préférence pour les ensembles instrumentaux aux effectifs limité; centrer son travail sur l'écriture même est une de ses principales exigences Elle l'oriente vers sa démarche de compositeur de musique algorithmique. Dans son utilisation de la pensée mathématique secondée par l'outil informatique, s'inscrivent le refus de toute concession aux manifestations de la sensibilité et la recherche d'une création de type apollonien, humaine certes, mais comme simple « produit de ce que l'homme a de plus noble : sa seule pensée ». Ses programmes de composition concilient contraintes préétablies et règles arbitraires, qui canalisent le hasard au sein d'un langage rigoureusement codifié. Leurs résultats ne sont jamais modifiés; s'ils sont jugés insatisfaisants, c'est le programme qui est mis en cause et retravaillé. Barbaud a toujours voulu « faire au moyen d'une machine une musique de machine ». Chez J-M Hauer, dont il revendique l'influence, il dit avoir trouvé cette « prescience d'une mécanisation possible de la musique ». Effectivement, quelques-unes de ses plus belles œuvres (French Gagaku, Machinamentum firminiense, Phoenix-Arizona, Le temps partagé), écrites en quarts de ton et exploitant au maximum les effets de proximité et le principe de permutation des sons, apparaissent comme une évidente extension des principes proposés par Hauer.

Œuvres principales
(choix sélectif, composées par ordinateur en l'absence d'autres mentions, la date est celle de composition)
Imprévisibles nouveautés, musique de film, petit orchestre, 1959
• 7!, orchestre, 1960
• Nonetto in forma di triangolo, 9 instr, 1962
• Variations heuristiques, 6 instr, 1963
• La boussole des précieux, 6 instr, 1964
• Musica d'invenzione, 10 instr, 1965
• Cogitationes symbolicae Il, bois, cuivres, ondes Martenot, 2 cb, 1966
• Les créatures, musique de film, orchestre, 1966
• Hoquetus B-GE, 6 instr, 1967
• French Gagaku, 30 cordes, 1968
• Mu-Joken, 8 instr, 1968 • Paraneische Anekdoten, 6 instr, 1968
• Les pâtres du désordre, musique de film, 20 instr, 1968
• Le temps partagé, musique de ballet, 18 fl , 18 cordes, 18 cuivres, 18 perc, 1971
• Machinamentum firminiense, 6 cl, 6 tp, 6 vl, 1972
• Terra ignota ubi sunt leones, bde mag, 1975, BBK
• lnnumerae voces segetis ahenae, bde mag, 1976, BBK
• Apfelsextett, sextuor à cordes, 1977, sans ordinateur
• Hypatia, bde mag, 1980, BBK • Saturnia tellus, bde mag, 1980.
Association pierre barbaud
Source documentaire